PHOTO DE FAMILLE


PHOTO DE FAMILLE

PHOTO DE FAMILLE

Du haut de ces 4 ans, Lola s’étonne de ne pas apparaître sur l'album de photos où l’on voit Mily bébé. Mily lui dit que c’est normal puisqu’elle n’était pas née. LOLA ne veut pas comprendre et demande alors « Mais où on était alors ?

Résumé de l’histoire

La petite sœur de Mily, Lola consulte un album de famille. Elle découvre qu’elle n’est pas sur toutes les photos. Mais où était-elle avant de naitre ? Question universelle et angoissante s’il en est ! Mily et Lola vont partir à la recherche de réponses. Pour Luc, le grand frère matérialiste, avant et après il n’y a rien, que de la poussière d’étoiles. Pour Pénélope, la meilleure amie de Mily, cette question est trop angoissante, elle ne veut pas y penser (le philosophe Heidegger disait que la plupart des êtres humains ne veulent pas voir leur mortalité en face…). Enfin les voisins leur apprennent que les Hommes ont construit de tout temps des croyances qui permettent de se rassurer un peu face aux questions des origines et de la mort (comme la réincarnation). Rentrées à la maison, leur maman leur explique qu’avant de naître, elles étaient son « désir » d’enfant, de la même façon que les morts continuent d’exister dans nos cœurs quand on se souvient d’eux.

Quelques pistes philosophiques pour en discuter avec les enfants

« J’étais où avant ma naissance ? », « On va où quand on est mort ? », ces questions universelles sont posées très tôt par les enfants. Les interrogations sur l’origine de la vie, sur l’incertitude de notre sort après la mort sont vertigineuses et sources d’angoisses car elles nous renvoient à notre finitude, au néant, à notre disparition et surtout aussi à celles de nos proches.

Pour tenter de répondre à ces questions métaphysiques, les êtres humains ont élaboré toutes une série de réponses qui cherchent à rassurer et donner sens au tragique de notre condition. Comme nous le montre l’épisode de Mily miss questions « Photos de famille », ces différentes réponses relèvent tantôt des récits mythologiques, des croyances religieuses, de superstitions populaires ou de récits poétiques (les choux/les roses, les cigognes) ou de théories scientifiques.

Un jeune enfant a d’abord besoin d’être rassuré pour grandir harmonieusement et affronter le monde. Il a donc besoin affectivement de passer par une nécessaire étape de pensée magique qui atténue l’angoisse de séparation et de perte. De la même façon que dans l’histoire de l’Humanité, les Hommes ont d’abord eu besoin de se raconter des récits imaginaires sur l’existence de forces invisibles protectrices (voir l’universalité des cosmogonies sur l’origine et l’au-delà), l’enfant aspire lui aussi à se sentir protégé.

Cependant, ces différentes réponses ne sont équivalentes d’un point de vue épistémologique : Elles n’ont pas le même degré de certitude et de vérité. Certaines réponses relèvent de l’imagination, d’autres de la croyance, d’autres du savoir. Les discussions avec les enfants sur ces questions de l’origine et de la mort sont ainsi l’occasion de distinguer avec eux ce qui relève de que l’on « raconte » (les mythes, les récits, les fables), de ce que l’on « croit » (les religions) et de ce que l’on « sait » (les connaissances scientifiques).

Sur la question de la mort en particulier, comme le souligne Mily elle-même à la fin de l’épisode, au-delà des croyances particulières ou de l’athéisme, il est essentiel pour tout être humain d’entretenir par la pensée et les rituels le souvenir des êtres aimés disparus.

Les Rencontres Philosophiques de Monaco », « Ciel de Paris Productions » et Madame Edwige Chirouter ont convenues de réunir leur savoir-faire afin de proposer la diffusion de matériel pédagogique à l’attention du jeune public.
Retrouvez les activités des Journées « Les Jeunes philosophent » sur le site des Rencontres Philosophiques de Monaco philomonaco.com/blog